lundi 25 août 2014

Critique de Lucy


Lucy est le dernier bébé d'un cinéaste que j'aime beaucoup, Luc Besson, avec au casting la ravissante (et non moins talentueuse) Scarlett Johansson. Autant dire que j'attendais pas mal de ce film. Il a reçut de très bonnes comme de très mauvaises critiques.


Lucy est le genre de film qui agace car il a quelques qualités, mais également de très gros défauts qui nuisent aux qualités. Le début du film, dans un univers de gangsters est parfait et plonge directement dans l'histoire, mais c'est dans ce qui suit que les problèmes surviennent... 
Un rapide retour sur le synopsis s'impose, Lucy, c'est l'histoire d'une jeune femme qui va se retrouver malgré elle entre les mains d'un trafiquant de drogue pas gentil qui lui met des sachets d'une drogue de synthèse dans le ventre pour la faire transporter la drogue à l'étranger. Sauf que les sachets s'ouvrent et déversent le drogue dans l'organisme de la jeune femme, ce qui va avoir pour effet de décupler ses capacités. Le film pars du principe que nous utilisons 10% des capacités de notre cerveau (ce qui est faux, mais c'est cependant une légende urbaine très répandue) et que sous l'effet de la drogue, Lucy va se retrouver à 100% de ses capacités. La théorie des 10% n'est pas problématique en elle même, car nous sommes dans une oeuvre de science fiction et non dans un documentaire.
Comme je le disais tout à l'heure, le début du film est parfait. C'est à partir de la scène, qui arrive comme un cheveux sur la soupe, ou la drogue passe dans le corps de Lucy que les ennuis commencent (ça ferait un joli slogan de campagne anti drogue)... 
Les gangsters ont mis des sachets de drogues dans le ventre de plusieurs personnes dont Lucy, ils leur disent de partir dans différents pays pour passer la drogue, ils quittent la pièce, la scène d'après Lucy se retrouve seule et en prison, Pourquoi? Dans cette scène, Lucy se prend des coups de pieds d'un de ses geôlier, coups de pieds qui vont déchirer les sachets de drogue qui sont dans son corps et ainsi permettre à l'histoire de continuer. Cette scène est cruciale à l'avancée de l'histoire, mais ne semble pas en rapport avec le début du film, pour moi il manque une scène pour justifier le fait que Lucy soit en prison.
Ensuite, le problème principal du film, c'est que les effets de la drogue sur Lucy n'ont pas de sens. Même si les événements du film sont impossibles dans la réalité, il est important d'avoir une logique et une cohérence propre au film, ce qui n'est pas vraiment le cas avec Lucy. Qu'elle devienne capable de résonner à une vitesse fulgurante, de faire de tête des calculs très compliqué, de faire pleins de choses en même temps, d'avoir des réflexes surdéveloppé, de pouvoir anticiper tout ce qui se passe (ce qui pourait lui permettre de mettre une branlée à ses adversaires) oui ça fonctionnerait. Mais là, elle contrôle tous les éléments qui l'entoure et elle a la possibilité d'immobiliser ses adversaires par la pensée... Bref tout devient beaucoup trop facile et trop exagéré et on perd un peu les enjeux et les difficultés. Autre souci, j'ai un problème avec le personnage que joue Morgan Freeman, il est beaucoup trop passif par rapport aux événements qui surviennent (il est à peine surpris quand Lucy l'appel pour lui dire que sa théorie fonctionne et qu'elle en est la preuve et curieusement la seule chose qui le surprenne c'est qu'elle ai lu tous ses écrits, ce qui n'a rien d'exceptionnel). Après, ça n'empêche pas que Scarlett Johansson soit parfaite et représente bien la femme forte (thème très récurent dans le cinéma de Besson), il y a une superbe scène ou Lucy roule à fond en contre sens dans les rues de Paris. Le film, assez court, ne souffre pas de problèmes de rythme, car même si de nombreux aspects du film m'ont  quelque peu sortit de l'histoire, je n'ai pas vraiment eu le temps de m'ennuyer car les scène s'enchainaient rapidement. En somme, c'est dommage, Luc Besson aurait mieux fait de faire un film plus réaliste, avec des enjeux réels pour Lucy (voir carrément partir du même point de départ pour faire un thriller avec une Scarlett Johansson vengeresse, tel Uma Thurman dans Kill Bill). Dans ce film, Besson fait des choix qui pour moi sont mauvais, alors que le début du film permettait de faire  vraiment mieux, dommage.